Enjeux

Les pays développés font face à une inquiétude persistante au sujet de l’approvisionnement en métaux rares. Ces métaux rares, dont le TR, sont essentiels au développement d’industries innovantes de haute technologie, et tout particulièrement celles associées aux énergies vertes. La récente crise politique provoquée par la Chine vis-à-vis du Japon en mettant l’approvisionnement en TR dans la balance (95% des besoins mondiaux) n’a fait qu’amplifier ces inquiétudes. La question fondamentale est d’assurer à temps l’approvisionnement des industries manufacturières pour lesquelles ces alliages et composés chimiques élaborés à partir de métaux rares sont indispensables, alors même que leur disponibilité présente des vulnérabilités à différents niveaux de leur chaîne d’approvisionnement. Dans ce contexte, l’Union Européenne publie en juillet 2010 son rapport « Critical raw materials for the EU » qui identifie 14 métaux qualifiés de stratégiques (rares et critiques) pour l’ensemble de l’économie européenne. Au niveau français, la feuille de route pour améliorer la productivité des ressources est marquée par la mise en place en Avril 2010 du Plan métaux stratégiques et la création du COMES (Comité pour les métaux stratégiques) en janvier 2011.
Parmi ces métaux stratégiques, les terres rares contenues dans les aimants permanents de certaines catégories de D3E constituent une cible d’intérêt grandissant et devenant prioritaire. Depuis le développement des aimants puissants à base de Néodyme (Nd–Fe–B) en 1980, le volume de production de ce matériau a augmenté de façon spectaculaire. Ce développement a permis d’améliorer considérablement la performance des petits moteurs et de réduire l’encombrement et le poids des appareils électroniques portatifs. A titre d’exemple, la plupart des téléphones mobiles utilisent des moteurs miniaturisés construits sur la base de petits aimants à base de Nd pour leurs fonctions de vibration. Ces aimants sont également très largement utilisés dans les disques durs d’ordinateurs où ils constituent le moteur qui assure le positionnement des têtes de lecture/écriture. Ils permettent d’améliorer sensiblement les performances de ce périphérique de stockage et contribue à la réduction de taille des ordinateurs.
Les pratiques actuelles de recyclage des D3E mettent en oeuvre des opérations de comminution et de tri physique. Les métaux ferreux sont récupérés par séparation magnétique, les métaux non ferreux au moyen d’une séparation par courants de Foucault. Les aimants accompagnent pour l’essentiel les métaux ferreux qui sont envoyés dans le circuit de la sidérurgie. Ces deux fractions (métaux ferreux et non ferreux) suivent ensuite des filières de recyclage qui les dirigent vers des procédés pyrométallurgiques (du Fe et du Cu) qui ne permettent pas de les récupérer et qui contribuent à leur dispersion dans les laitiers.
Le développement d’une filière spécifique visant à récupérer les aimants permanents contenus dans les DEEE et à recycler les terres rares qu’ils contiennent doit donc devenir une priorité.

Dernière mise à jour le 03.03.2015