À propos du projet

L’utilisation croissante des terres rares (TR) dans bon nombre d’innovations technologiques récentes ont conduit à une augmentation rapide (plus 50% ces dix dernières années) de leur demande. Le développement continu de « technologies vertes » particulièrement friandes de ces éléments, contribue largement à cette demande croissante et qui sera durable dans le temps.

Dans ce contexte, l’Europe dans sa stratégie "Matières premières", met le recyclage au centre de ses préoccupations pour assurer une partie de la sécurisation de ses approvisionnements en TR. Le recyclage des TR, à l’échelle industrielle, demeure assez peu développé alors qu’il présente de nombreux avantages par rapport à l’exploitation des ressources primaires :

  • l’Europe constitue une des plus importantes régions de consommation de TR au travers de ses industries à haute valeur ajoutée. Elle a en outre accumulé pendant des dizaines d’années des biens de consommation qui, arrivés en fin de vie, constituent des ressources secondaires d’où pourraient être extraites des TR ;
  • la dépendance européenne et française vis-à-vis des ressources provenant de pays étrangers peut être réduite au travers du recyclage des déchets post-consommation ;
  • le traitement de ressources secondaires pour la production de TR n’entrainerait pas de risques sanitaires et environnementaux induits liés à la présence de cortèges de radionucléides présents dans les gisements primaires ;
  • la production de ressources métalliques par exploitation des ressources secondaires se fait le plus souvent avec des consommations énergétiques bien inférieures à celles observées pour l’exploitation des ressources primaires. On s’attend également à ce que la plupart des opérations de recyclage présentent un bénéfice environnemental.

Par ailleurs, l'examen des substitutions potentielles des TR par d'autres métaux ou alliages montrent que cette substitution difficile, voire impossible, et qu'elle requerrait le plus souvent de repenser totalement les produits.

Ainsi, afin d'accroitre l'efficacité de l'utilisation des TR et de diminuer la dépendance européenne vis-à-vis de ces éléments stratégiques, un effort de recherche et développement doit être réalisé dans tous les domaines de leur cycle de vie qu'il s'agisse de l'exploitation des minerais (minéralurgie, métallurgie extractive) ou de celle des équipements en fin de vie tels que ceux qui constituent la cible du projet EXTRADE, à savoir les Déchets des Equipements Electriques et Electroniques (D3E).

Dans ce contexte, le projet EXTRADE ambitionne de développer de nouvelles filières de valorisation des aimants permanents à terres rares (APTR) présents dans les D3E en ciblant 3 types d'équipements que sont i) les disques durs d'ordinateurs, ii) les haut-parleurs des matériels audio et vidéo et iii) les petits moteurs électriques présents dans les TIC (Technologies de l'Information et de la Communication) et les PAM (Petits Appareils Managers). EXTRADE propose d'aborder le recyclage des APTR en considérant la filière dans son ensemble en partant du gisement de DEEE, en développant des opérations unitaires de traitements des DEEE destinées à récupérer le contenu en APTR massifs, et en mettant au point des traitements thermiques, physiques et physico-chimiques destinés à produire de nouveaux aimants et/ou des fractions enrichies en alliages de TR compatibles avec une valorisation dans les circuits hydro-métallurgiques de production de TR. Tout au long du projet et à mesure que les informations provenant des recherches seront collectées, les filières développées seront évaluées du point de vue de leur efficacité environnementale, de leur rendement de récupération et de valorisation de la matière (TR) et de leur viabilité économique (calcul des CAPEX (capital expenditure ou dépenses d'investissement), OPEX (operational expenditure ou dépenses de fonctionnement, d'exploitation) et temps de retour sur investissement).

Coordinateur : BRGM

Partenaires : Eco-systemes, Université de Rouen, SR-France, Galloo, SELFRAG A.G.

Budget Total : 1 800 k€ (Aide ANR = 720 k€)

Dernière mise à jour le 03.03.2015