La valorisation des aimants

Au Japon, le recyclage des terres rares issues des aimants permanents date d’une dizaine d’années. Il est réalisé essentiellement par métallurgie extractive. Cette problématique est relativement récente en Europe. A l’échelle du territoire français, aucun traitement spécifique n’a été mis au point. A l’heure actuelle, les réflexions portent sur le recyclage des aimants contenus dans les éoliennes et les véhicules hybrides ou tout électriques.
L'industrie recourt à un nombre croissant de métaux high-tech, comme le lithium, utilisé pour les batteries des téléphones portables et des véhicules électriques, le béryllium, pour les connecteurs des Airbus, ou encore le germanium, pour la fibre optique. Face à ce défi, les puissances industrielles, Etats-Unis, Chine et Japon en tête, ont développé une stratégie offensive. La France a décidé elle aussi de mettre en place un plan d'actions concernant les métaux stratégiques. La création d'un Comité pour les Métaux Stratégiques (COMES) qui met l’accent sur le recyclage par l’amélioration des technologies existantes et le développement de nouvelles technologies d’extraction de ces métaux à partir de produits en fin de vie participe à cette politique volontariste. En effet, faute d’une production suffisante de métaux à partir de gisements primaires, l’Europe doit en importer une grande partie. Notre dépendance en métaux devient l’enjeu capital, le prochain grand défi du XXIème siècle.
La « mine urbaine » est représentée par l’ensemble des déchets électroniques et électriques, les D3E, que chaque européen produit annuellement. Ce gisement de déchets, estimé aujourd’hui à 25 kg par an et par habitant, constitue une véritable source de métaux à des teneurs souvent plus importantes que les gisements primaires. Les cartes électroniques par exemple, contiennent de l’or, de l’argent, du palladium, du cuivre de l’étain ou encore du platine. On peut estimer que la récupération des métaux stratégiques (platine Pt, palladium Pd, rhodium Rh, or Au et argent Ag, etc….) constitue économiquement un apport sensible dans l’optique d’un développement durable. Si pour le domaine global des métaux, le recyclage représente environ le tiers des besoins de l’industrie française, paradoxalement, la situation n’est pas meilleure pour les métaux high-tech dont le recyclage est de l’ordre de quelques dizaines de pour-cent de la consommation. En effet, ces métaux ne sont systématiquement régénérés que s’ils interviennent dans un processus industriel (réfractaire ou catalyseur au Pt par exemple). Lorsqu’ils entrent dans la composition de produits, les quantités utilisées sont faibles voire infimes et les « gisements » sont pauvres et dispersés.
La récupération des métaux high-tech se heurte donc à plusieurs verrous technologiques, notamment la difficulté d’identifier, de concentrer et de séparer ses constituants et les limites techniques de traitement des unités actuelles. Le projet EXTRADE a pour objet de lever ces verrous en amorçant une politique ambitieuse de recherche afin de développer de nouvelles méthodes de séparation et d’extraction des matériaux coûteux à produire et fabriqués à partir d’éléments rares et onéreux. Ceci permettrait de diminuer le coût global de production des équipements de post consommation en adaptant des procédés bien établis dans l’industrie des métaux non ferreux au traitement spécifique des déchets de la techno-sphère. Ce projet permettra ainsi d’aller au-delà des objectifs réglementaires européens en développant des procédés de traitement spécifiquement adaptés à ces nouveaux gisements.

Dernière mise à jour le 07.10.2014